La honte  - Création 2021 

Danse-théâtre et manipulation

Cie Korpüscül - La Honte Télécharger le dossier du spectacle

Conception/Interprétation
Aurélie Rousselet
Conception/Scénographie
Camille Kuntz
Accompagnement création musicale
Dougal Kemp

Note d'intention:
Comment transposer la vulnérabilité au plateau ? Comment une fragilité peut elle devenir une force ? Comment la force peut être à l’inverse une faiblesse ?
Où sont les failles en nous ? Fissures apparentes ou enfouies sous la carapace, oubliées, laissées de côté...

Nous voulons défricher le vaste terrain vague qui semble séparer Puissance et Vulnérabilité. En travaillant autour de figures de puissance nous cherchons la porosité entre ces deux concepts.
C’est avec le langage du corps que nous interrogeons ces failles. Aussi, nous convoquons un théâtre physique, à la frontière de la danse, pour développer un jeu sensoriel, sensible et suscitant l’imaginaire de chacun·e. Quant au texte, il sera issu d’une écriture de plateau.
Un théâtre de corps donc, mais aussi un théâtre de matières. Nous cherchons à ce que corps et matière s’assemblent, se confondent et se confrontent. Le corps est ainsi à la fois manipulé et manipulant.

À l’aide du pouvoir expressif de la matière et de sa force de suggestion, nous voulons créer des images et des situations fortes qui s’acquittent du réalisme conventionnel. Nous considérons la matière comme un véritable partenaire de jeu(x) : elle contraint autant qu’elle rend possible, et en ce sens elle participe à une métamorphose du corps. Plus concrètement, nous travaillons à modifier le corps (ou du moins son image) en créant prothèses, excroissances et autres protubérances à partir de matériaux bruts. Ce qui nous intéresse, c’est comment la métamorphose du corps modifie l’être dans son rapport au monde.

Le choix du solo, soit d’une entité face à un groupe – le public – était une évidence pour traiter de la vulnérabilité. Dans le parcours de l’interprète au plateau, il y a, toujours, en filigrane, le parallèle avec l’artiste qui vacille entre des moments d’incarnation d’un personnage, des moments de mise-à-nu, des moments de gêne, d’autres de remise en question de soi, et toujours, un rapport au monde qui évolue : j’(m’)offre, j’(me) cache, j’(m’)adresse, je (me) provoque, je fais tomber le masque.